Projets de recherche

(1) La normativité des exigences de rationalité
(2) Neutralité scientifique et délibération

La normativité des exigences de rationalité

Période de recherche : automne 2014 – aujourd’hui
Appuis reçus : Groupe de recherche interuniversitaire sur la normativité, Fonds de recherche du Québec – Société et Culture (FRQSC) et Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH)

Je veux déterminer si la rationalité est normative. La rationalité est généralement comprise comme un ensemble de lignes de conduite ayant notamment pour but d’éviter qu’un agent se contredise, soit incohérent ou akratique. Les exigences de rationalité gouvernent notamment les croyances et intentions de l’agent.

La question que je pose est, en apparence, banale. Le problème est que nous considérons traditionnellement que le bien, la justice ou la vérité, des exigences externes ou objectives, sont elles aussi normatives. On peut imaginer des situations où la tension entre normes objectives (bien, justice, vérité, etc.) et normes subjectives (cohérence, rationalité, etc.) est claire. Un cas souvent mentionné est celui où un agent fait ce qu’il a des raisons apparentes suffisantes de faire, mais où, d’un point de vue objectif, il y a des raisons suffisantes de ne pas avoir cette intention. Si mon hôtel est en feu, et que je crois que mon hôtel n’est pas en feu, alors je pourrais aisément croire que la meilleure chose à faire est de rester dans ma chambre. D’un point de vue objectif, je devrais sans doute me diriger vers l’escalier de secours, mais d’un point de vue subjectif, je suis rationnel en demeurant dans ma chambre. Supposons que je demeure dans sa chambre. Ai-je fait la bonne chose? Suis-je plutôt blâmable? Suis-je seulement excusé d’être resté dans ma chambre?

Toute réponse à la « question normative » présuppose que nous disposons d’un portrait clair de ce que la rationalité exige. Ce n’est pas le cas. La rationalité consiste-t-elle dans le fait de répondre à des « raisons attitudinales », ou seulement dans le fait d’être cohérent? Quel est le rôle de la théorie de la décision dans l’élaboration des exigences de rationalité? La rationalité épistémique est-elle permissive?

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Neutralité scientifique et délibération

Bibliothèque_Sainte-Geneviève_1859Période de recherche : hiver 2012 à automne 2016
Appuis reçus : Groupe de recherche interuniversitaire sur la normativité, Chaire de recherche du Canada en épistémologie pratique et Fonds de recherche du Québec – Société et Culture (FRQSC)

Dans cette recherche, j’ai tenté d’identifier une interprétation de la neutralité scientifique que nous aurions des raisons suffisantes d’accepter. Il existe en sciences un courant « neutre » pouvant prendre différentes formes, notamment :

1. Neutralité du but | des objectifs éthiques ou politiques particuliers ne doivent pas guider les sciences;
2. Neutralité des énoncés | les énoncés scientifiques doivent être neutres;
3. Neutralité procédurale | s’il est acceptable que certains concepts et énoncés scientifiques soient normatifs, une procédure décisionnelle neutre doit encadrer les orientations normatives des sciences.

L’hypothèse de cette recherche est qu’il existe des raisons de défendre la troisième conception de la neutralité (procédurale), et qu’une telle conception de la neutralité balise une possible normativité des buts et des concepts scientifiques.

Bibliographie indicative sur la neutralité des sciences

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